On avance. On n'sait faire que ça. On n'oublie pas; rien ne s'efface jamais vraiment. Les douleurs, les mal-êtres. Mais qu'est ce qu'on s'en tape, au fond, on ne sait que faire semblant. Faire semblant d'aimer, faire semblant d'être heureux, faire semblant de n'en n'avoir plus rien à faire... Comment peut-on dire ? Et si je suis pas comme ça ? Et si, par une malheureuse erreur de la nature, j'ai jamais su faire semblant, semblant de vivre, semblant d'aimer, semblant d'exister telle que je suis, et telle que je serais toujours. Les gens que tu croises, les gens que tu touches, les gens qui passent dans ta vie te marquent et te blessent, te changent. Souviens toi, souviens toi du temps de l'innocence éphèmére où on y croyait encore. Souviens toi de nous, avant. Souviens toi de quand on avait pas besoin d'autant de mots inutiles pour croire à un je t'aime. Transparente; cette sensation d'abandon total au monde. Laisse toi vivre, encore, laisse toi. Lasse toi. Bats toi, au final. Bats toi pour être ce que tu veux, parce que jamais les gens ne t'accepterons différement; ils ne t'acceptent pas comme tu es, mais tu ne sais pas faire semblant, alors continue, force les à te regarder dans les yeux. Dire ce qu'ils ont à dire. Ma vie est un défi; un défi, à la vie à la mort. Des cris, des larmes, et des mots qui me bercent... Et moi, moi au fond, je sais plus. Je sais plus comment on fait, comment on fait pour comprendre, comment on fait pour apprendre, comment on fait, pour aimer ? Graves tout dans ton esprit, laisse toi convaincre, que nos sourires ne comptent pas pour rien, que nous, c'est un mot qui existe. Accepte en fin de compte ton monde, qui n'es pas le mien ni ceux des autres. Personne n'a le même monde, la même vision des choses. On vit chacun de sa propre façon, de son propre coeur, de son propre passé, et de l'ambition que l'on a de se projeter dans l'avenir. On vit tous au fond, mais pourquoi ? Je cherche. Je cherche, ma façon d'être, d'être trop. Toujours, tomber dans l'excès. Excès d'amour ou excès de haine; espoir, désillusion; pouvoir, impuissance. Mais ce soir, ce soir j'ai l'impression de pouvoir, l'impression de pouvoir oublier, effacer, courir et enfin m'envoler. Toucher les anges. Absorber le monde.